En cette fin d’année, beaucoup m’interrogent sur le devenir du système de retraite et s’inquiètent de l’avenir global du système mais aussi de celui de la CAVAMAC en particulier.
Pour vous donner un avis sur le système, je voudrais tout d’abord dépeindre la situation de la CAVAMAC.
En simplifiant, je dirais que la crise actuelle du système de retraite, nous l’avons déjà connue — et nous nous en sommes sortis grâce aux efforts de tous.
La profession a connu une grave crise démographique : les effectifs d’agents diminuaient et les réserves fondaient à vue d’œil. Les conditions d’acquisition des droits dans les décennies précédentes étaient trop favorables au regard de la capacité de financement des actifs en place. Les élus du régime ont alors fortement augmenté le taux d’appel et baissé il y a près de 30 ans le taux de rendement à moins de 5 % en augmentant le prix d’achat des points.
Depuis cette époque, les effectifs se sont stabilisés et remontent très progressivement. Les commissions, sur lesquelles sont calculées les cotisations, n’ont jamais cessé de croître, en moyenne légèrement au-dessus de l’inflation, ce qui permet une croissance régulière des cotisations.
Le régime est donc aujourd’hui en sécurité : les points acquis sont chers, mais leur prix est représentatif de la charge financière qu’ils induiront dans les prochaines décennies. Je rappelle ici que l’espérance de vie à 65 ans est de 24 ans pour un homme et de 28 ans pour une femme pour les affiliés à la CAVAMAC, soit 4 ans de plus que la moyenne nationale.
Les réserves — d’un montant de 1,6 milliard d’euros aujourd’hui — se sont reconstituées et permettent au régime de lisser l’effort de cotisation, ce qui rend possible le financement du déficit technique dans la durée.
Il faut toutefois rester prudent : si la situation actuelle paraît favorable, des risques non négligeables pèsent sur la profession. Parmi eux : l’impact du changement climatique, les évolutions réglementaires européennes, mais aussi la prudence nécessaire vis-à-vis des politiques de commercialisation des compagnies. Et, ne l’oublions pas, la profession dépend du contexte économique et démographique général.
En un mot, je suis confiant dans la pérennité du régime et dans sa capacité à offrir à ses ressortissants les retraites annoncées aujourd’hui.
Notre expérience montre ainsi que les pistes existent pour sauvegarder notre système de retraite. Mais il faudra être courageux.
La réponse sera certainement un mix de mesures touchant les retraités actuels des régimes très déficitaires comme le régime général, l’âge de départ, et revoir les règles trop généreuses de nombre de régimes.
Dans un système financièrement très contraint, un éclaircissement entre ce qui doit relever de l’assurance et ce qui devrait relever de la solidarité financée par l’impôt, serait bien utile pour redonner de la confiance dans le système. Si rien n’est fait, l’ajustement se fera en diminuant les retraites déjà liquidées…
Je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année,
Confraternellement,
André MONTOCCHIO
Président


